Sarvangasana (la chandelle)

J’ai la chance d’avoir commencé une formation de Professeur de Yoga, avec la superbe Muriel Adri (Muses Yoga). Le début d’un long chemin ! Dans cette espace je souhaite vous partager mes réflexions, travaux, …

Voici une petite « fiche » sur l’asana Sarvangasana (la chandelle) सर्वाङ्गासन.

La chandelle est une posture inversée (viparītakaraṇāsana). C’est une posture qui a marqué mon enfance. A l’école de cirque nous la pratiquions beaucoup pour le travail d’équilibre & d’acrobaties. Peut-être aussi car les enfants adorent mettre la tête à l’envers ! Ils ont bien raison car cette posture complète et rééquilibre les énergies.

sarvangasana
La chandelle

Pratiquée le matin, la « chandelle » accroît l’énergie de la Shakti* (puissance, énergie), elle est stimulante. Le soir elle apaise, calme les personnes énervées. Exécutée avant une méditation assise, elle favorise celle-ci. 

• Etymologie

Sarvangasana est la posture de tout le corps. Si on découpe le mot en sanskrit :

Sarva : tout – Anga : corps – Asana : posture.
En occident cette posture reçoit l’appellation de “la chandelle” qui symbolise bien une tenue et une justesse de tout le corps. On peut imaginer que la flamme de la chandelle représente l’énergie qui circule. La version anglaise Shoulder Stand Pose nous rappelle bien que cette posture se réalise sur les épaules (et non la nuque).

• Symbolique

« Sarvangasana est la mère de tous les Asanas » – BKS Iyengar

Cet asana tend à faire régner l’harmonie et la joie dans le corps. Elle exprime l’équilibre parfait du corps, la paix de l’esprit et la spiritualité de l’âme réalisée dans le corps. La Conscience et le Prâna s’écoulent donc plus vite vers le cerveau. Habituellement, la force de gravitation attire spontanément tous les liquides du corps vers la partie inférieure. En inversant le corps, tous les fluides refluent vers la tête. Cette posture permet de réorienter les énergies des chakras inférieurs vers les chakras supérieurs.

• Préparation de la posture

Allongez-vous sur le dos en veillant au bon alignement des vertèbres.
Petit échauffement possible (à faire 3/4 fois) :
1. Départ bras au-dessus de la tête, jambes repliées pieds au sol. Inspirez.
2. Expirez en levant les jambes à la verticale et en amenant les bras mains vers l’avant, paumes au sol. La tête reste au sol.
3. Inspirez, revenez dans la position initiale. !!

Remarque : vous pouvez aussi laisser les jambes tendues, c’est plus tonique pour les abdominaux, mais plus contraignant pour les lombaires (à éviter si vous avez des douleurs dans cette région du dos).

• Description de la posture (conseils & précautions)

Il y a plusieurs façons de monter dans la Chandelle, le principal étant, avant d’élever les jambes, d’assurer un bon alignement de la colonne et une bonne stabilité entre la tête, les épaules et les coudes.
1. Commencez allongé sur le dos, les bras étendus le long du corps, paumes au sol. Inspirez lentement et soulevez les jambes, toujours tendues sans raideur, avec l’appui des mains au tapis.
2. Soulevez le tronc à la suite des jambes et portez les mains dans le dos au niveau des lombaires.
3. Le corps entier repose sur les bras, les épaules et la nuque. Garder la posture statique. Votre respiration est lente & abdominale et bien sûr sans gêne.
4. Dynamique retour : Redescendre les jambes parallèles au sol (au-dessus de la tête). Déposer les mains et les bras à plat au sol. Redescendre doucement le bassin en poussant contre le sol avec les mains et les bras puis lentement les jambes au sol en utilisant vos abdominaux. Tout au long de la descente, la tête reste au sol et demeure basculée vers l’arrière.

Conseils & Précautions

  • Ne pas écarter les coudes, rapprocher le plus possible les omoplates l’une de l’autre pour minimiser le poids sur la nuque au profit des bras et des épaules.
  • Le menton doit être suffisamment rentré. Il va bloquer la partie supérieure du sternum.
  • Eviter toute raideur et contraction (en voulant être trop droit…). Le plus important n’est pas la hauteur ni la rectitude des jambes, mais le soin à apporter pour construire une base stable et solide surtout sur les épaules et les bras.
  • Les pieds restent détendus pour éviter de réduire le diamètre des veines et des artères.
  • Durée : Un débutant reste dans la posture entre une et deux minutes. Les pratiquants confirmés peuvent rester 10 minutes, voir plus longtemps pour un effet en profondeur.

Accessoire(s)

Pour plus de confort et libérer les cervicales, il est possible de mettre une serviette sous les vertèbres thoraciques de façon à ce que la tête soit légèrement plus basse que le corps et que le haut du corps repose sur la serviette.
Laissez un espace d’environ 6 cm de vos épaules au bord de la serviette. La tête doit reposer au sol.

•  Contre postures

Afin d’inverser l’étirement et de soulager la partie du corps qui a travaillé il est intéressant : Matsyâsana (le poisson) pour un assouplissement du cou.

Utthanasana (la pince debout) qui permet d’étirer le cou et la colonne dans le sens contraire.

• Bienfaits pour le corps

Physiques

Sarvangasana stimule la thyroïde, équilibre le système glandulaire, nerveux, digestif, et circulatoire. L’afflux sanguin étant activé vers le cerveau, cette posture crée un rafraîchissement cérébral. Véritable traitement contre la constipation, elle favorise le retour veineux et soulage les jambes lourdes. Elle fortifie la nuque (si elle est bien pratiquée). Elle tonifie l’abdomen, les organes génitaux et la colonne vertébrale. Elle a un grand pouvoir pour améliorer les facultés mentales (mémoire, concentration).

Psychologiques

L’inversion du corps n’étant pas une position habituelle, cette posture demande un sens de l’équilibre. Voir le monde la tête en bas peut créer une inquiétude, qui une fois maîtrisée, donnera plus de confiance en soi et la nécessité de lâcher-prise dans une situation d’inconfort apparent. Prendre cette position inhabituelle du corps peut nous amener à réfléchir à ce nouvel inconfort, à cette notion d’impermanence de notre sécurité quotidienne. Elle nous oblige à plus de vigilance mentale, mais aussi, si elle est bien maîtrisée, à nous entraîner à être prêt pour «l’extra-ordinaire» !?

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NAMASTÉ

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